Lois relatives à la prière et à la bénédiction des cohanim
Chapitre quinze
Toujours dans le contexte des lois relatives à la bénédiction des cohanim, telles qu’exposées au chapitre précédent, ce chapitre s’arrête en particulier sur les facteurs qui empêchent un cohen – dont le statut est pourtant établi – de faire la bénédiction des cohanim.
- Six choses empêchent un cohen de réciter la bénédiction des cohanim : une prononciation défectueuse, les défauts physiques, la transgression, l’âge, le vin et l’impureté des mains. Une prononciation défectueuse : de quoi s’agit-il ? Ceux qui ne prononcent pas correctement les lettres, par exemple qui prononcent le alef comme un aïne et le aïne comme un alef ou encore qui prononcent le mot chibolette comme sibolette, ou autres défauts de prononciation semblables, ne peuvent pas réciter la bénédiction des cohanim. De même, ceux qui ont la bouche pesante et la langue embarrassée, de sorte qu’ils ne sont pas compris par tous, ne peuvent pas réciter la bénédiction des cohanim.
- Les défauts physiques : de quoi s’agit-il ? Un cohen qui présente des défauts physiques sur le visage, sur les mains ou sur les pieds, par exemple, qui a les doigts crochus ou tordus, c’est-à-dire courbés sur le côté, ou bien les mains recouvertes de taches blanches, ne récitera pas la bénédiction, car les gens fixent leur regard sur lui et sont donc distraits. Un cohen qui bave sur sa barbe lorsqu’il parle ou qui est borgne ne récitera pas la bénédiction. Mais si celui-ci ou celui-là est connu dans sa ville, de sorte que tous sont familiers avec lui, il a le droit de réciter la bénédiction, car les gens ne fixent pas leur regard sur lui puisqu’ils sont habitués à le voir. De même, un cohen qui a les mains tachées avec de l’indigo ou de la teinture rouge ne doit pas réciter la bénédiction des cohanim. Mais si la majorité des gens de la ville travaillent avec ce type de teinture, de sorte qu’il est courant pour eux de voir des mains tachées comme les siennes, il a le droit de prononcer la bénédiction, même s’il n’est pas connu, car les gens ne fixeront pas leur regard sur lui.
- La transgression : de quoi s’agit-il ? Un cohen qui a commis un homicide, (fût-ce involontaire,) ne devra pas réciter la bénédiction, même s’il s’est repenti. En effet il est dit : « Vos mains sont pleines de sang » et il est écrit au début de ce même verset : « Quand vous étendez les mains Je détourne de vous Mes regards ». Un cohen qui a pratiqué l’idolâtrie, fût-ce sous la contrainte ou par erreur, ne pourra jamais réciter la bénédiction des cohanim, même s’il s’est repenti. Il est dit, en effet : « Toutefois, les cohanim des hauts-lieux ne devaient pas monter sur l’autel de l’Éternel, à Jérusalem ». Or, la bénédiction des cohanim est considérée comme le service dans le Temple, ainsi qu’il est dit : « faire le service de D.ieu et donner la bénédiction en Son Nom ». De même, si un cohen s’est converti à un culte idolâtre, bien qu’il soit revenu au judaïsme, il ne pourra plus jamais réciter la bénédiction des cohanim. Les autres transgressions n’empêchent pas un cohen de prononcer la bénédiction sacerdotale.
- L’âge : de quoi s’agit-il ? Un cohen dans son jeune âge ne peut pas réciter la bénédiction des cohanim tant que sa barbe ne s’est pas remplie. Le vin : de quoi s’agit-il ? Un cohen ayant bu d’un trait un réviit de vin ne peut pas réciter la bénédiction des cohanim tant que l’effet du vin ne s’est pas dissipé, car la bénédiction est comparée au service dans le Temple, interdit au cohen sous l’effet de la boisson. S’il a bu un réviit de vin en deux fois, ou s’il a mélangé au vin un peu d’eau, il a le droit de réciter la bénédiction des cohanim. S’il a bu plus d’un réviit, bien que le vin fût coupé et qu’il l’ait bu en plusieurs fois, il ne doit pas réciter la bénédiction des cohanim tant que l’effet du vin ne s’est pas dissipé. Qu’est-ce qu’un réviit ? La quantité de liquide contenue dans un récipient ayant pour dimensions deux doigts sur deux doigts et une hauteur de deux doigts et sept dixièmes de doigt, la référence pour le « doigt » étant la largeur du pouce. En effet, pour toutes les mesures ayant trait à la Thora, le doigt pris en référence est le pouce, appelé bohen yad.
- L’impureté des mains : de quoi s’agit-il ? Un cohen qui ne s’est pas lavé les mains ne récitera pas la bénédiction des cohanim. Il doit se laver les mains jusqu’au poignet, comme le faisaient les cohanim dans le Temple pour se préparer au service, et ensuite il bénira le peuple, ainsi qu’il est dit : « Élevez vos mains dans la sainteté et bénissez l’Éternel ». Un ‘halal ne doit pas réciter la bénédiction des cohanim, car il n’a pas le statut de cohen.
- Quand un cohen ne présente aucune de ces disqualifications, même s’il n’est ni sage, ni pointilleux dans l’accomplissement des commandements, ou même si les gens murmurent contre lui ou s’il manque de probité dans ses affaires, il récite la bénédiction des cohanim et on ne doit pas l’en empêcher ; car c’est un commandement qui incombe à tout cohen qui y est apte, et l’on ne dit pas au méchant : « Augmente ta perversité en t’abstenant de pratiquer les commandements ».
- Ne t’étonne pas en disant : « Quelle sera l’utilité de la bénédiction de cet homme du commun ? » Car le bénéfice de la bénédiction ne dépend pas des cohanim, mais du Saint Béni soit-Il, comme il est dit : « Ils imposeront Mon Nom sur les enfants d’Israël, et Moi, Je les bénirai ». Les cohanim accomplissent le commandement qui leur a été prescrit, et le Saint Béni soit-Il, dans Sa miséricorde, bénit les juifs comme Il le désire.
- Les gens qui se trouvent derrière les cohanim ne sont pas inclus dans la bénédiction, mais ceux qui se tiennent à leurs côtés le sont. Y aurait-il une séparation – fût-ce une muraille de fer – entre les cohanim et ceux qui sont bénis, dès lors que leurs visages sont orientés face aux visages des cohanim, ils sont inclus dans la bénédiction.
- La bénédiction des cohanim ne peut être récitée qu’en présence de dix hommes, les cohanim étant inclus. Dans une synagogue où tous les fidèles sont des cohanim, tous récitent la bénédiction des cohanim. Mais qui bénissent-ils alors ? Leurs frères israélites qui se trouvent au nord et leurs frères qui se trouvent au sud, à l’extérieur de la synagogue. Et qui répond Amen à leur bénédiction ? Les femmes et les enfants. Dans cette assemblée composée exclusivement de cohanim, s’il reste dix cohanim en plus de ceux qui montent sur l’estrade, les dix répondent Amen et les autres récitent la bénédiction.
- Si l’officiant est lui-même le seul cohen de l’assemblée, il ne récitera pas la bénédiction des cohanim. Cependant, s’il est certain d’être capable de prononcer la bénédiction des cohanim et de reprendre sa prière sans confusion, il a le droit de la réciter. Si l’assemblée ne compte aucun cohen, l’officiant dit, quand il atteint Sim Chalom dans la répétition de la Amida, là où doit normalement être intercalée la bénédiction des cohanim : « Notre D.ieu et D.ieu de nos pères, bénis-nous de la bénédiction triple écrite dans la Thora par Moïse Ton serviteur et dite par Aaron et ses fils, les cohanim, Ton peuple consacré, comme il est dit : « Que l’Éternel te bénisse et te protège. Que l’Éternel fasse rayonner Sa face vers toi et te soit bienveillant. Que l’Éternel dirige Sa face vers toi et te dispense la paix. Ils imposeront ainsi Mon Nom sur les enfants d’Israël et Je les bénirai. » À cette prière de l’officiant les fidèles ne répondent pas Amen. Après quoi, l’officiant commence la récitation de la dernière bénédiction, Sim Chalom.
- Si un cohen, après avoir récité la bénédiction des cohanim dans une synagogue, se rend dans une autre synagogue et trouve la communauté en prière mais n’ayant pas encore atteint la bénédiction des cohanim, il récite de nouveau la bénédiction pour eux. Il peut ainsi répéter celle-ci même plusieurs fois dans la journée. Un cohen qui n’a pas quitté sa place pour monter sur l’estrade au moment où l’officiant récitait la bénédiction de la Avoda, commençant par Retsé, ne peut pas monter après coup pour prononcer la bénédiction des cohanim durant cet office. Mais s’il a effectivement commencé à se déplacer pour monter sur l’estrade, même s’il n’atteint l’estrade qu’après la fin de la récitation de la bénédiction de la Avoda, il monte et récite la bénédiction des cohanim.
- Le cohen qui manque à son devoir et ne monte pas sur l’estrade pour réciter la bénédiction sacerdotale, bien qu’il manque à un seul commandement positif, est considéré comme s’il transgressait trois injonctions. Car il est dit : « Ainsi vous bénirez les enfants d’Israël », « Dis-leur », « Et ils imposeront Mon Nom ». Un cohen qui ne bénit pas l’assemblée n’est pas béni. Et un cohen qui bénit l’assemblée est lui-même béni, comme il est dit : « Je bénirai celui qui te bénira ».
Fin des lois relatives à la prière, avec l’aide de D.ieu.
