Lois relatives à la prière et à la bénédiction des cohanim
Chapitre dix
Le chapitre dix étudie différentes situations d’erreur ou de doute, tant pour un particulier que pour un officiant. Dans certains cas, la prière doit être recommencée, dans d’autres, l’officiant doit être remplacé.
- Celui qui a récité la prière de la Amida sans la concentration requise doit recommencer celle-ci avec concentration. Mais s’il s’est concentré durant la première bénédiction, il n’a pas besoin de recommencer. Celui qui s’est trompé dans l’une des trois premières bénédictions de la Amida doit recommencer la Amida depuis le début. S’il s’est trompé dans l’une des trois dernières bénédictions, il reprend à la première d’entre elles, qui est la bénédiction relative à la restauration du service dans le Temple, commençant par Retsé. Et s’il s’est trompé dans l’une des bénédictions intermédiaires, il reprend au début de la bénédiction dans laquelle il s’est trompé et continue sa prière, dans l’ordre, jusqu’à la fin. De même, si l’officiant s’est trompé dans la répétition de la prière à voix haute, il se reprendra en suivant les mêmes règles.
- En revanche, si l’officiant a fait une erreur dans sa prière individuelle à voix basse, j’affirme qu’il ne doit pas réciter une seconde fois sa prière individuelle, à cause du dérangement qui serait alors causé à la communauté. Mais il s’en remet à la prière qu’il prononce à voix haute. Cela, à condition qu’il ne se soit pas trompé dans les trois premières bénédictions. En effet, s’il s’est trompé dans celles-ci, il reprend la Amida depuis le début, comme un particulier.
- Si l’officiant s’embrouille dans la répétition de la Amida et ne sait plus où reprendre même après avoir attendu un moment, un autre le remplacera. Mais s’il s’est embrouillé lors de la bénédiction relative à la disparition des hérétiques, on n’attend pas : immédiatement, un autre prendra sa place, de crainte que de l’hérésie ne se soit immiscée en lui. Cela, à condition qu’il n’ait pas encore commencé cette bénédiction. Mais s’il l’a commencée, on l’attend un moment. Le second qui doit prendre sa place ne se fera pas prier à ce moment.
- À partir d’où le remplaçant doit-il reprendre ? Du début de la bénédiction dans laquelle le premier s’est trompé, s’il s’est trompé dans l’une des bénédictions intermédiaires. Mais si l’officiant s’est trompé dans l’une des trois premières bénédictions, le second doit recommencer depuis le début. Et s’il s’est trompé dans l’une des trois dernières bénédictions, le second reprend à partir de la bénédiction relative à la restauration du service dans le Temple, commençant par Retsé.
- Celui qui dit : « Je ne descendrai pas devant l’arche, pour remplir le rôle d’officiant, parce que je porte des vêtements de couleur » ne devra pas non plus officier à cette prière avec des vêtements blancs. Celui qui dit : « Je ne descendrai pas devant l’arche parce que je porte des sandales », n’officiera pas non plus pieds nus.
- Celui qui a un doute quant à savoir s’il a déjà récité la prière de la Amida ou non ne doit pas la répéter, à moins de réciter cette nouvelle Amida à titre de prière volontaire et non à titre de prière obligatoire. En effet, un particulier peut réciter toute la journée des prières volontaires s’il le souhaite. Si quelqu’un, au milieu de la prière de la Amida, se souvient qu’il a déjà prié, il doit s’interrompre, fût-ce au milieu d’une bénédiction. Mais s’il s’agit de la prière de la Amida d’arvit, il ne s’interrompt pas, car initialement il n’a récité celle-ci qu’à titre de prière non obligatoire.
- Si l’on se trompe en récitant, un jour de chabbat, la prière de la Amida de la semaine, on n’est pas quitte. Si l’on se rend compte de cette erreur au milieu de la Amida, on termine la bénédiction commencée et on reprend la bénédiction de la Amida du chabbat. Dans quel cas cela s’applique-t-il ? Pour les prières d’arvit, de cha’harit ou de min’ha. En revanche, en cas d’erreur similaire lors de la prière de moussaf, on doit s’interrompre, même au milieu d’une bénédiction, et reprendre la bénédiction de la Amida de moussaf. De même, si l’on a récité toute la Amida de la semaine en lieu et place de celle de moussaf, que ce soit un chabbat, un jour de fête ou de Roch ‘Hodech, on doit réciter à nouveau la Amida de moussaf.
- Si l’on s’est trompé en hiver en ne disant ni « Qui fait tomber la pluie », ni « Qui fait tomber la rosée », on doit recommencer la Amida au début. Mais si l’on a mentionné la rosée et non la pluie, on ne recommence pas. Si l’on s’est trompé en été en disant « Qui fait tomber la pluie », on doit recommencer la Amida depuis le début. Mais celui qui s’est trompé en ne mentionnant pas la rosée, on ne le fait pas recommencer : la rosée n’étant pas quelque chose qui s’arrête de tomber, elle ne nécessite pas une requête.
- Si l’on a oublié de formuler la requête pour la pluie dans la bénédiction relative à la prospérité de l’année et que l’on s’en souvient avant de prononcer la bénédiction « Qui écoute la prière », on doit formuler la requête pour la pluie dans la bénédiction « Qui écoute la prière ». Mais si l’on s’en souvient après avoir récité la bénédiction « Qui écoute la prière », on doit reprendre à la bénédiction relative à la prospérité de l’année. Et si l’on ne s’en souvient qu’après avoir terminé toute la prière de la Amida, on doit recommencer depuis le début et réciter toute la Amida une seconde fois.
- Si l’on s’est trompé en ne mentionnant pas Yaalé veyavo dans sa prière un jour de Roch ‘Hodech ou de ‘Hol Hamoed et que l’on s’en rend compte avant d’avoir terminé la Amida, on doit reprendre à la bénédiction relative à la restauration du service dans le Temple, commençant par Retsé, et mentionner Yaalé veyavo. Mais si l’on ne s’en rend compte qu’après avoir terminé la Amida, on doit recommencer la Amida au début. Toutefois, si l’on a l’habitude de dire des supplications après la Amida et que l’on se rend compte de l’omission de Yaalé veyavo après avoir fini la Amida, mais avant d’avoir levé les pieds pour reculer, on reprend à la bénédiction relative à la restauration du service dans le Temple (Retsé).
- Dans quel cas cela s’applique-t-il ? Pour la Amida des jours de ‘Hol Hamoed ainsi que pour celle des prières de cha’harit ou min’ha de Roch ‘Hodech. Mais si l’on n’a pas mentionné ce passage lors de la prière d’arvit de Roch ‘Hodech, on ne se reprend pas.
- Dans tous les cas où il est dit qu’un particulier doit recommencer sa prière, l’officiant devra en faire de même s’il commet une erreur similaire en priant à voix haute. Exception faite pour la Amida de cha’harit de Roch ‘Hodech : si l’officiant s’est trompé et a fini la Amida à voix haute sans mentionner Yaalé veyavo, on ne le reprend pas, pour ne pas importuner la communauté. Car il doit encore réciter la prière de moussaf, où il fera référence à Roch ‘Hodech.
- Durant les dix jours depuis Roch Hachana jusqu’à Yom Kippour, celui qui s’est trompé et a conclu la troisième bénédiction par « le D.ieu saint » au lieu de conclure par « le Roi saint » doit recommencer la prière depuis le début. S’il s’est trompé durant cette période et a conclu la onzième bénédiction par « Roi Qui aime la droiture et la justice » au lieu de conclure par « le Roi de la justice » il doit recommencer depuis le début de la bénédiction et la conclure par « Le Roi de la justice », puis il continue de prier dans l’ordre. S’il ne s’en souvient qu’après avoir terminé la Amida entière, il doit reprendre celle-ci depuis le début. Cela s’applique aussi bien pour un particulier que pour l’officiant.
- Si l’on a par erreur omis de mentionner la Havdala dans la bénédiction« Qui accorde la connaissance » à l’issue du chabbat ou d’un jour de Yom Tov, on conclut la Amida et l’on n’a pas besoin de recommencer. De même, si l’on a omis de réciter le passage commençant par « Pour les miracles » (Al hanissim) lors de ‘Hanoucca ou de Pourim, ou le passage commençant par « Exauce-nous » (Anénou) dans la prière d’un jour de jeûne, on ne doit pas recommencer la Amida. Cela s’applique tant pour un particulier que pour l’officiant. Et lors d’un jour de jeûne, si l’on se souvient de l’omission du passage Anénou avant d’avoir levé les pieds pour reculer, on dit : « Exauce-nous, car Tu écoutes la prière, Tu rachètes et sauves à tout moment de malheur et de détresse. Que soient agréées les paroles de ma bouche, etc. »
- Celui qui a oublié de dire la prière de min’ha la veille de chabbat doit réciter deux fois la Amida d’arvit de chabbat. Il en va de même s’il a oublié min’ha la veille d’un jour de Yom Tov. S’il a oublié de réciter la prière de min’ha de chabbat ou d’un jour de Yom Tov, il récite à l’issue du jour deux fois la Amida d’arvit de la semaine. Il dit la Havdala dans la première prière, mais non dans la seconde. Toutefois, s’il a dit la Havdala dans les deux ou dans aucune d’entre elles, il a accompli son devoir. En revanche, s’il n’a pas dit la Havdala dans la première prière, mais dans la seconde, il doit prononcer une troisième prière à titre de compensation de min’ha. Car la première Amida ne lui est pas comptée, puisqu’elle a précédé la prière d’arvit. Quiconque enchaîne deux prières, même s’il s’agit des prières de cha’harit et moussaf, ne doit pas réciter l’une immédiatement après l’autre, mais il doit attendre entre chaque prière le temps nécessaire pour avoir l’esprit disposé.
- Il est interdit à une personne qui prie en communauté de devancer la communauté en récitant sa prière avant les autres fidèles. Celui qui entre à la synagogue et trouve la communauté en train de réciter la prière de la Amida à voix basse, s’il a la possibilité de commencer sa prière pour la terminer avant que l’officiant n’atteigne, dans sa répétition, la Kedoucha, il le fait. Sinon, il attend que l’officiant commence la répétition de la Amida à voix haute, et il commence sa prière avec lui, mot à mot, jusqu’à ce que l’officiant atteigne la Kedoucha. Il répond alors à la Kedoucha avec la communauté, puis récite le reste de la prière tout seul, à son rythme. S’il a commencé la Amida avant la répétition à voix haute de l’officiant et que ce dernier atteint la Kedoucha, il ne doit pas s’interrompre au milieu de sa Amida pour répondre à la Kedoucha avec la communauté. De même, au milieu de la prière de la Amida, il ne faut pas répondre « Amen, que Son grand Nom soit béni » lors du Kaddich, et inutile de dire qu’il ne faut pas répondre Amen aux autres bénédictions.
