Lois relatives à la prière et à la bénédiction des cohanim
Chapitre deux
Le texte standard de la prière, institué par les membres de la Grande Assemblée, comportait initialement dix-huit bénédictions. Maïmonide explique ici qu’une bénédiction supplémentaire fut instituée ultérieurement, en raison de pénibles circonstances. Le nombre de bénédictions fut donc porté à dix-neuf. Il montre aussi que le texte de la prière varie en fonction des jours et des saisons.
- À l’époque de Rabban Gamliel, après la destruction du deuxième Temple, les hérétiques se firent nombreux au sein d’Israël. Ils tourmentaient les juifs et les incitaient à abandonner D.ieu. Voyant que le besoin d’extirper ce fléau était plus important que tous les autres besoins des hommes, il prit l’initiative, avec son tribunal, d’instituer une bénédiction dans laquelle il serait demandé à D.ieu de faire disparaître les hérétiques et il l’établit dans le texte de la prière, afin qu’elle soit commune à tous. En conséquence, les bénédictions de la prière sont désormais au nombre de dix-neuf.
- À chacune des trois prières quotidiennes, on récite ces dix-neuf bénédictions dans l’ordre. Dans quel cas cela s’applique-t-il ? Lorsque l’on a l’esprit concentré et que l’on est capable de réciter aisément le texte des dix-neuf bénédictions. Mais si l’on est préoccupé et anxieux ou si l’on n’est pas capable de réciter tout le texte aisément, on récitera les trois premières bénédictions, une bénédiction qui résume toutes les bénédictions intermédiaires et les trois dernières, et on aura ainsi rempli son devoir.
- Voici la bénédiction instituée en résumé de toutes les bénédictions intermédiaires : « Donne-nous le discernement, Éternel, notre D.ieu, pour connaître Tes chemins, et circoncis notre cœur pour Te craindre. Sois clément envers nous afin que nous soyons libérés. Éloigne-nous de la douleur, fais-nous prospérer et résider dans les prés de Ta terre, rassemble ceux qui sont éparpillés des quatre coins de la terre, et les juges qui s’égarent, qu’ils aient l’inspiration de juger selon Ta connaissance. Élève Ta main sur les méchants. Que les justes se réjouissent dans la construction de Ta ville et dans le rétablissement de Ton sanctuaire, dans la floraison de la « corne » de David Ton serviteur et dans la disposition du flambeau du fils d’Ichaï Ton oint. Avant même qu’on appelle, Tu exauces, ainsi qu’il est dit : « Avant même qu’ils ne M’appellent, Je répondrai ; ils parleront encore que déjà Je les aurai exaucés », car Tu réponds à tout moment, Tu libères et sauves de tout malheur. Béni sois-Tu, Éternel, Qui écoute la prière ».
- Cela s’applique en été. Mais en hiver, on ne peut pas réciter cet abrégé des bénédictions intermédiaires, parce qu’il faut formuler la requête de la pluie dans la bénédiction relative à la prospérité de l’année. De même, à l’issue du chabbat et de Yom Tov, on ne peut pas réciter l’abrégé des bénédictions intermédiaires, parce qu’il faut réciter la Havdala dans la bénédiction « Qui accorde la connaissance ».
- Le chabbat et les jours de Yom Tov, on dit sept bénédictions dans chacune des quatre prières du jour : les trois premières et les trois dernières bénédictions habituelles ainsi qu’une bénédiction intermédiaire en rapport avec le jour en question. Le chabbat, on conclut la bénédiction intermédiaire par « Qui sanctifie le chabbat ». Lors des fêtes de pèlerinage, on conclut celle-ci par « Qui sanctifie Israël et les temps solennels ». Et si c’est à la fois un chabbat et un jour de Yom Tov, on conclut par « Qui sanctifie le chabbat, Israël et les temps solennels ». À Roch Hachana, on conclut la bénédiction intermédiaire par « Roi de toute la terre, Qui sanctifie Israël et le jour du souvenir ». Et si Roch Hachana tombe un chabbat, on conclut par « Roi de toute la terre, Qui sanctifie le chabbat, Israël et le jour du souvenir ».
- Quelles sont les prières de Roch Hachana qui comprennent sept bénédictions ? La Amida d’arvit, de cha’harit et de min’ha. Mais à la prière de moussaf de Roch Hachana, on récite neuf bénédictions : les trois premières et les trois dernières de chaque jour et trois bénédictions intermédiaires. La première des bénédictions intermédiaires a pour thème la royauté de D.ieu (malkhouyot), la seconde le souvenir (zikhronot) par D.ieu des bonnes actions des hommes et des alliances contractées avec Ses créatures, et la troisième le son du chofar (chofarot). On clôture chacune de ces bénédictions par une formule en rapport avec son thème.
- Le jour de Kippour, on dit, dans chacune des cinq prières, sept bénédictions : les trois premières et les trois dernières habituelles, et une bénédiction intermédiaire en rapport avec le jour. On conclut cette bénédiction intermédiaire, pour chacune des cinq prières, par « Roi de toute la terre, Qui sanctifie Israël et le jour de Kippour ». Lorsque Kippour tombe un chabbat, on conclut cette bénédiction, dans chaque prière, par « Roi de toute la terre, Qui sanctifie le chabbat, Israël et le jour de Kippour ».
- Quand est-ce que les prières de Kippour comportent chacune sept bénédictions ? Le jour du jeûne de Kippour de chaque année ordinaire. Mais le jour du jeûne de Kippour de l’année du Jubilé, on dit dans la prière de moussaf neuf bénédictions, comme pour le moussaf de Roch Hachana : ce sont les mêmes bénédictions qui sont récitées, ni moins, ni plus. On ne récite ces bénédictions que lorsque le Jubilé est en vigueur.
- Avant de dire la première bénédiction de chacune des prières, on commence par la formule « Seigneur, ouvre mes lèvres et ma bouche dira Tes louanges ». Et lorsqu’on conclut la prière, on dit : « Que les paroles de ma bouche soient agréées, etc. », puis on recule.
- Les jours de Roch ‘Hodech et de ‘Hol Hamoed, on dit dans les prières de arvit, cha’harit et min’ha dix-neuf bénédictions, comme les autres jours, et on intercale dans la bénédiction de Avoda le texte suivant : « Notre D.ieu, et D.ieu de nos pères, que notre souvenir et le souvenir de nos pères… monte et vienne… ». Les jours de ‘Hol Hamoed, on dit la prière de moussaf de la même façon que les jours de Yom Tov. Dans le moussaf de Roch ‘Hodech, on dit sept bénédictions : les trois premières et les trois dernières habituelles, et une bénédiction intermédiaire en rapport avec le sacrifice additionnel de Roch ‘Hodech, que l’on conclut par « Qui sanctifie Israël et les Roch ‘Hodech ».
- Quand un chabbat tombe pendant ‘Hol Hamoed, et de même, quand Roch ‘Hodech tombe un chabbat, on récite dans les prières de arvit, cha’harit et min’ha sept bénédictions, comme les autres chabbat, et l’on ajoute le passage « Que notre souvenir et le souvenir de nos pères… monte et vienne » dans la bénédiction de Avoda. Dans la prière de moussaf, on commence la bénédiction intermédiaire sur le thème du chabbat et l’on finit sur le thème du chabbat, en mentionnant la sainteté du jour de Roch ‘Hodech ou de ‘Hol Hamoed au milieu de la bénédiction. On conclut cette bénédiction, à Roch ‘Hodech, par « Qui sanctifie le chabbat, Israël et les jours de Roch ‘Hodech ». Et à ‘Hol Hamoed, on conclut cette bénédiction de la même manière qu’un jour de fête qui tombe chabbat, à savoir : « Qui sanctifie le chabbat, Israël et les temps ».
- Quand Yom Tov tombe dimanche, dans la quatrième bénédiction de la prière du soir (arvit) qui suit le chabbat, on intercale le paragraphe suivant : « Et tu nous as fait connaître les statuts de Ta justice et Tu nous as inculqué l’accomplissement des décrets de Ta volonté, Tu nous as donné, Éternel, notre D.ieu, la sainteté du chabbat, le respect de la fête, et les réjouissances des fêtes de pèlerinage. Tu as distingué la sainteté du chabbat de la sainteté du jour de fête, et Tu as sanctifié le septième jour des six autres jours de la création. (Tu as séparé et sanctifié Ton peuple Israël par Ta sainteté.) Tu nous as donné, Éternel, notre D.ieu, des fêtes pour la joie, des festivités et des temps pour l’allégresse, etc. ». À l’issue du chabbat ou d’un jour de Yom Tov, tout au long de l’année, on dit la Havdala dans la bénédiction : « Tu accordes… », bien que l’on récite la Havdala encore une fois, ensuite, sur une coupe de vin.
- À ‘Hanoucca et à Pourim, dans la seconde des trois bénédictions finales, appelée bénédiction de « reconnaissance », on ajoute le texte « Pour les miracles… » (Al hanissim). Le chabbat qui tombe durant ‘Hanoucca, on mentionne le texte Al hanissim aussi dans la prière de moussaf, comme dans les autres prières.
- Les jours de jeûne, y compris pour un particulier qui se serait imposé un jeûne, il faut ajouter le texte « Exauce-nous, etc. » (Anénou) dans la bénédiction « Qui écoute la prière » (Choméa tefila). L’officiant quant à lui dit ce texte comme une bénédiction à part, qu’il intercale entre les bénédictions « Qui délivre » (Goel Israël) et « Qui guérit » (Rofé). Et il conclut cette bénédiction indépendante par les mots « Qui exauce dans les moments difficiles (et apporte le salut) ». Il en résulte que l’officiant dit vingt bénédictions. Le jour du 9 av, on ajoute, dans la bénédiction « Qui bâtit Jérusalem » (Boné Yerouchalaïm), le texte : « Éternel, notre D.ieu, aie pitié de nous et de Ton peuple Israël, de Jérusalem Ta ville, et de la ville endeuillée, etc. »
- Durant toute la saison des pluies, en hiver, on dit, dans la seconde bénédiction : « Qui fait tomber la pluie » (Morid hagéchem) ; en été, on dit : « Qui fait descendre la rosée » (Morid hatal). À partir de quand commence-t-on à dire « Qui fait tomber la pluie » ? À partir de la prière de moussaf du dernier jour de la fête de Souccot, à savoir Chemini Atséret, et ce, jusqu’à la prière du matin du premier jour de fête de Pessa’h. À partir de la prière de moussaf du premier jour de fête de Pessa’h, on dit : « Qui fait descendre la rosée ».
- À partir du 7 mar’hechvan, on sollicite la pluie dans la bénédiction relative à la prospérité de l’année ; on continue ainsi tant que l’on mentionne la pluie dans la seconde bénédiction. Dans quel cas cela s’applique-t-il ? En terre d’Israël. Mais en Babylonie, en Syrie, en Égypte et dans les endroits proches de ceux-ci ou qui présentent des conditions similaires, on demande la pluie à partir du soixantième jour après l’équinoxe d’automne.
- Ceux qui habitent des contrées qui ont besoin de pluie durant la saison d’été, comme les îles les plus éloignées, demandent la pluie quand ils en ont besoin, dans la bénédiction « Qui écoute la prière ».
Dans les endroits où l’on observe deux jours de Yom Tov, on commence à dire « Qui fait descendre la pluie » dans la prière de moussaf du premier jour de Chemini Atséret et l’on continue ainsi pendant tout l’hiver.
- Toute l’année durant, on conclut la troisième bénédiction par « le D.ieu saint » et la onzième bénédiction par « Roi Qui aime la droiture et la justice ». Pendant la période des dix jours allant de Roch Hachana jusqu’à la fin de Kippour, on conclut la troisième bénédiction par « le Roi saint », et la onzième bénédiction par « Le Roi de justice ».
- Dans certains endroits, il est coutume, durant ces dix jours, d’ajouter, dans la première bénédiction, le texte : « Souviens-Toi de nous pour la vie, etc. » ; dans la seconde bénédiction, le texte : « Qui est comme Toi, Père de miséricorde, etc. » ; dans la bénédiction de reconnaissance, le texte : « Souviens-Toi de Ta miséricorde, etc. » ; et, dans la dernière bénédiction, le texte : « Dans le livre de vie, etc. ». Durant ces dix jours, il est aussi de coutume, dans certains endroits, d’ajouter dans la troisième bénédiction : « Et ainsi, inspire la crainte, etc. et ainsi etc. ». Mais le jour de Roch Hachana et le jour de Kippour, il est communément accepté d’ajouter ces prières dans la troisième bénédiction.
